Archive pour l'auteur

MILLE CASTORS !

MILLE CASTORS ! dans Art b.a1-300x183

A partir de 1962,  certains marocains, dits « d’origine algérienne » décidèrent de rentrer en Algérie, alléchés par les promesses du FLN, nouveau maître du pays naissant.

A noter que beaucoup de marocains se sont découvert une « soudaine algérianité », répondant ainsi à cet appel prometteur.

 

C’est humain.

La plupart d’entre eux trimaient dans des galeries de gisements miniers dont ils sortaient rarement

Indemnes.

 

En France ce fut le cas des Alsaciens mais avec un scénario autre.

La plupart de ces nouveaux « citoyens algériens », déçus, feront demi tour  retrouvant ainsi leurs maisons et récupérant leurs biens.

Ce n’était qu’un remake du retour à la terre promise des juifs marocains

 

Cet événement historique pour l’Afrique du Nord et la France, fut une aubaine pour moi.

Mes voisins en partance pour l’Algérie m’ont fait cadeaux de leurs bandes dessinées de l’époque : Hondo, Kiwi, Pépito, Tartine, Davy Crockett, Kit Carson, Hopalong Cassidy, Black Boy, Tex Tone, Oliver, zembla, Akim, Tarou, Audax  et j’en passe.

Un vrai trésor…de guerre.

 

Mais revenons à Blek le Roc. Ce héros révolutionnaire luttant pour l’indépendance de l’Amérique.

Il a été créé en 1954 par le trio « EsseGesse », composé de Giovanni Sinchetto, Dario Guzzon et Pietro Sartoris, scénaristes, dessinateurs et bulleurs (lettreurs de bulles) de leur état.

 

Blek vit le jour d’abord en N & B publié par les éditions Lug le 10 septembre 1955 dans la revue de petit format KIWI du nom d’un volatile dessiné par Jean Cézard.

Les plus jeunes d’entre nous appelaient le héros Blek « KIWI » du titre de la BD.

 

Plus grave encore, les moins lettrés faisaient analogie avec une marque de cirage utilisant un kiwi comme logo.

 

Ce n’est qu’en 1963 avec la parution du N°1 en couleur de «Blek» dédié à juste titre à notre ami et grand frère, casseur de tuniques rouges, que la confusion avec ce satané volatile australien s’est envolé.

 

Les lecteurs de ce périodique ont du remarquer dans les dernières  pages un autre personnage Mirko, le petit Duc signé « Devi » pseudonyme du talentueux Antonio De Vita.

Publié dans:Art, Histoire |on 8 février, 2013 |Pas de commentaires »

Jean-Gaston MANTEL

Jean-Gaston MANTEL dans Art j.-g.-mantel-4.-296x300

Jean-Gaston MANTEL

Amiens 1914 – Rabat 1995

 

Au Maroc des années 50, les écoliers, toutes origines et confessions confondues ont eut dans leur programme scolaire de français, les livres des Editions Ogé, illustrés par Jean-Gaston Mantel.

En noir et blanc ou en bichromie ces illustrations étaient très réalistes et moins candides que celles de son confrère Raylambert qui ne manquait pas de talent non plus.

Ce fut un facteur majeur pour inciter les jeunes à la lecture.

Pour les gamins que nous étions ce fut un véritable  choc ces dessins de Mantel.

A l’opposé des manuels scolaires s’adressant à une France gauloise, les dessins de Mantel illustraient la vie de tous les jours.

Certains écoliers arrachaient ces pages illustrés au risque d’être puni par le sadique et osseux instituteur algérien (agent du FLN).

Je me rappelle surtout d’une vignette en noir et blanc qui représentait un combat de boxe.

Il y avait des ombres et des lumières, le graphisme était proche des bandes dessinées que je lisais  à l’époque : Kiwi, Rodéo, Nevada, Tex-Tone et Black Boy entre autres.

Dans les années soixante dix, un de mes profs me faisait découvrir Guido Buzzelli (1927–1992).

C’était le croquis d’un cavalier de dos qui illustrait l’éditorial de Wolinski dans le mythique « Charlie Mensuel ».

Je n’imaginai pas que des années plus tard, j’occupais le même espace avec le même éditorialiste.

Ce dessin que j’ai cherché  vainement y compris sur le net avait beaucoup de similitude avec le style de Mantel.

Le mouvement et la force du trait pour définir l’espace  étaient la marque du style du maître Mantel.

Devenant accro à Charlie Mensuel comme tous les jeunes de ma génération, j’y découvris Heinrich Kley (1863–1945) de même facture, grâce toujours à l’éditorialiste Wolinski.

Mais revenant à notre grand Maître J.-G. Mantel.

Monsieur Mantel, l’artiste qui a le plus marqué l’art marocain, est né en 1914 à Amiens.

Il sera étudiant aux Beaux-Arts de Paris. En 1936, il obtient le prix de la Société nationale des Beaux-Arts qui lui permettra d’embarquer pour le Maroc en pleine expansion déclenchée par l’énergique Lyautey, mort deux ans auparavant.

A Rabat, il travailla dans un atelier dans la Kasbah des Oudayas. Il y enseigna le dessin aussi.

Contraint de rejoindre la métropole pour défendre le pays des griffes nazis, il s’empresse de regagner son pays d’adoption une fois la paix  revenue.

Il y restera jusqu’à sa mort en 1995.

 

J’ai mieux apprécié l’œuvre de cet immense artiste grâce à son éditeur M. Henri Ogé que j’ai eu comme prof d’histoire de l’Art et pour lequel j’ai travaillé par la suite.

Mantel a eu influence sur tout ce qui se créait en matière artistique au Maroc.

Parmi ces adeptes, anciens disciples ou admirateurs, on peut citer Roman Lazarev,  peintre-aquarelliste et sérigraphe dont l’atelier se trouvait dans le quartier Maârif, Albert Pilot peintre-galeriste, Géronimo peintre, Paul Ceccaldi peintre et bien sûr le peintre Hassan el Glaoui fils du Pacha du même nom, dauphin de Winston Churchill militaire et peintre.

Sans tomber dans l’orientalisme béat, Mantel a eu le mérite de donner de la noblesse aux fellahs dans leur travail quotidien de la terre comme Millet. Il exalta leurs chevauchées fantastiques dans les Fantasias et leurs moussems tel Brueghel l’ancien dans ses kermesses.

A l’instar de son compatriote Etienne Dinet en Algérie, il ne se convertit pas à l’Islam mais pris la  nationalité marocaine.

Nul artiste n’a  peint le Maroc avec autant de sincérité.

                                                                                                                                                                                                   Khaldun

« Notre Premiert Tour du Maroc », Illustrations de J.-G. Mantel. Editions Henri Ogé, 1956

 mantel-livre-scolaire5-300x214 Bd dans Histoire

mantel-livre-scolaire-21-300x214 Livres Scolairesmantel-livre-scolaire-3-1-300x214

A feuilleuter l’album ci-dessous.

J.-G. Mantel
 

Publié dans:Art, Histoire |on 6 février, 2013 |Pas de commentaires »

NPS_NO positioning system |
Léa |
POUCHKINE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | REBORN-COEUR DE PITCHOUNE
| tremplins2010
| peinture murale