Jean-Gaston MANTEL

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Jean-Gaston MANTEL

Amiens 1914 – Rabat 1995

 

Au Maroc des années 50, les écoliers, toutes origines et confessions confondues ont eut dans leur programme scolaire de français, les livres des Editions Ogé, illustrés par Jean-Gaston Mantel.

En noir et blanc ou en bichromie ces illustrations étaient très réalistes et moins candides que celles de son confrère Raylambert qui ne manquait pas de talent non plus.

Ce fut un facteur majeur pour inciter les jeunes à la lecture.

Pour les gamins que nous étions ce fut un véritable  choc ces dessins de Mantel.

A l’opposé des manuels scolaires s’adressant à une France gauloise, les dessins de Mantel illustraient la vie de tous les jours.

Certains écoliers arrachaient ces pages illustrés au risque d’être puni par le sadique et osseux instituteur algérien (agent du FLN).

Je me rappelle surtout d’une vignette en noir et blanc qui représentait un combat de boxe.

Il y avait des ombres et des lumières, le graphisme était proche des bandes dessinées que je lisais  à l’époque : Kiwi, Rodéo, Nevada, Tex-Tone et Black Boy entre autres.

Dans les années soixante dix, un de mes profs me faisait découvrir Guido Buzzelli (1927–1992).

C’était le croquis d’un cavalier de dos qui illustrait l’éditorial de Wolinski dans le mythique « Charlie Mensuel ».

Je n’imaginai pas que des années plus tard, j’occupais le même espace avec le même éditorialiste.

Ce dessin que j’ai cherché  vainement y compris sur le net avait beaucoup de similitude avec le style de Mantel.

Le mouvement et la force du trait pour définir l’espace  étaient la marque du style du maître Mantel.

Devenant accro à Charlie Mensuel comme tous les jeunes de ma génération, j’y découvris Heinrich Kley (1863–1945) de même facture, grâce toujours à l’éditorialiste Wolinski.

Mais revenant à notre grand Maître J.-G. Mantel.

Monsieur Mantel, l’artiste qui a le plus marqué l’art marocain, est né en 1914 à Amiens.

Il sera étudiant aux Beaux-Arts de Paris. En 1936, il obtient le prix de la Société nationale des Beaux-Arts qui lui permettra d’embarquer pour le Maroc en pleine expansion déclenchée par l’énergique Lyautey, mort deux ans auparavant.

A Rabat, il travailla dans un atelier dans la Kasbah des Oudayas. Il y enseigna le dessin aussi.

Contraint de rejoindre la métropole pour défendre le pays des griffes nazis, il s’empresse de regagner son pays d’adoption une fois la paix  revenue.

Il y restera jusqu’à sa mort en 1995.

 

J’ai mieux apprécié l’œuvre de cet immense artiste grâce à son éditeur M. Henri Ogé que j’ai eu comme prof d’histoire de l’Art et pour lequel j’ai travaillé par la suite.

Mantel a eu influence sur tout ce qui se créait en matière artistique au Maroc.

Parmi ces adeptes, anciens disciples ou admirateurs, on peut citer Roman Lazarev,  peintre-aquarelliste et sérigraphe dont l’atelier se trouvait dans le quartier Maârif, Albert Pilot peintre-galeriste, Géronimo peintre, Paul Ceccaldi peintre et bien sûr le peintre Hassan el Glaoui fils du Pacha du même nom, dauphin de Winston Churchill militaire et peintre.

Sans tomber dans l’orientalisme béat, Mantel a eu le mérite de donner de la noblesse aux fellahs dans leur travail quotidien de la terre comme Millet. Il exalta leurs chevauchées fantastiques dans les Fantasias et leurs moussems tel Brueghel l’ancien dans ses kermesses.

A l’instar de son compatriote Etienne Dinet en Algérie, il ne se convertit pas à l’Islam mais pris la  nationalité marocaine.

Nul artiste n’a  peint le Maroc avec autant de sincérité.

                                                                                                                                                                                                   Khaldun

« Notre Premiert Tour du Maroc », Illustrations de J.-G. Mantel. Editions Henri Ogé, 1956

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A feuilleuter l’album ci-dessous.

J.-G. Mantel
 

Publié dans : Art, Histoire |le 6 février, 2013 |Pas de Commentaires »

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